Publié par : mathbland | 2009/10/31

Takayama & Shirakawago

Une excursion automnale dans le Japon ancestral le temps d’un long week-end du mois de septembre…
Départ samedi matin, un bus nous attend aux abords de la tentaculaire gare de Shinjuku pour un voyage de 5 heures et des bananes, plein ouest, direction
Hida-Takayama.

Hida-Takayama (飛騨高山) ou plus simplement Takayama, est une ville des alpes japonaises située dans la préfecture du Gifu (岐阜) au centre de Honshu (本州). C’est une cité très ancienne datant de la période Jomon (縄文時代) – la préhistoire japonaise (-14000 à -400 av. J.-C.). Elle est réputée pour son travail du bois et ses fameux charpentiers. Ceci étant dit après des siècles (des millénaires?) d’histoire et d’évolution Takayama apparaît aujourd’hui comme une ville moderne sans grand charme, d’une population d’environ 100000 habitants (un “village” pour la norme japonaise^^).


Notre première impression est, comme vous pouvez l’imaginer, mitigée. Nous passons tout de même l’après-midi à visiter le “centre historique” et ses quelques ruelles piétonnes bordées d’anciennes habitations boisées de fort belle facture
. En fin de visite nous apercevons une échoppe de soba (そば) où le chef s’affaire à la préparation des fines lamelles de pâtes de sarrasin.

Il n’en faut pas plus pour nous mettre l’eau à la bouche. Mais notre choix, finalement, ne s’arrête pas sur de simples bien qu’appétissantes sobas mais sur LA spécialité locale : le boeuf de Hida (Takayama-gyû, 高山牛). En effet ce boeuf est réputé être l’un des meilleurs du Japon avec celui du Kansai (= boeuf de Kobe pour les touristes puristes) notamment.

Après un dîner délicieux et copieux suivi d’une nuit confortable dans une auberge pour “voyageurs en sac-à-dos”, nous quittons la “haute-montagne” (Takayama) pour aller visiter “le village de la rivière blanche” (Shirakawa-go – 白川郷).
Perdu dans les montagnes, seulement accessible par la route (détails qui a son importance au pays du chemin de fer), le village médiéval de
Shirakawa-go témoigne du style de vie traditionnel de la région. Ce patelin est célèbre pour le type architectural particulier de ses maisons : les gassho-zukuri (合掌造り). Ces immenses demeures à toit de chaume abritaient à l’époque plusieurs familles, les étages supérieurs étaient eux consacrés à l’élevage du ver à soie. Aujourd’hui beaucoup de maisons ont été converties en musée, échoppe ou autre auberge… et oui il faut bien faire rentrer les yens pour préserver ce bijou du patrimoine mondial de l’humanité.

Nous traversons le village paisiblement profitant du soleil généreux, et visitons quelques maisons-musée pour enfin nous rendre au “point de vue” surplombant la vallée.

Retour au point de départ, le temps de déguster une glace à la châtaigne et le bus pour Takayama arrive. Le soir, pour notre deuxième dîner du week-end (oui je parle que de bouffe et alors ?) dans le but de confirmer que le boeuf local est vraiment savoureux, nous essayons une nouvelle adresse… pour un résultat qui s’avérera identique, miam !
Nous passons la nuit dans un lieu peu commun : un temple bouddhiste. Bouddha est un hôte fort accueillant bien que sa demeure soit plutôt spartiate.

Boeuf, légumes variés, tofu, et pâte de haricot rouge fermentée, le tout placé sur une feuille de magnolia séchée et cuit façon “pierrade”

Le lendemain nous nous rendons à pied au village traditionnel de Hida (Hida Minzokumura – 飛騨民俗村) à quelques kilomètres de Takayama, qui est en fait un village reconstitué présentant les différents habitats historiques de la région. Bien qu’intéressant à visiter comme un musée à ciel ouvert, cela reste nettement moins charmant que les foyers authentiques de Shirakawa-go.

“Je crois qu’il y a un tout petit peu de mousse sur ton toit.”


Ce week-end dépaysant en rupture avec la vie Tokyoïte se termine par un voyage de retour en bus lui aussi plein de ruptures, et de bouchons. ;-)

Publié par : mathbland | 2009/10/21

Vie de chien

On compte en France 8,1 millions de chiens soit un chien pour 8 habitants. Au Japon on en trouve 9,6 millions soit un chien pour 13 habitants. Le chien le plus connu ici s’appelle Hachiko. Il est si célèbre qu’il a droit à sa statue à l’une des sorties de la gare de Shibuya ! Ce fidèle toutou, attendait tous les jours le retour du travail de son maître, et il a continuer à l’attendre toujours au même endroit dix ans après sa mort.

Les japonais aiment les chiens c’est un fait seulement voilà avoir un toutou dans un minuscule appartement ce n’est pas l’idéal sans compter qu’ici il est très rare que les propriétaires permettent à leurs locataires d’avoir un chien. Néanmoins à Tokyo une solution existe, c’est la location de canidés. La boutique “Puppy the World” à Odaïba (nouveau quartier branché en bord de mer) propose de louer des chiens à l’heure. Pour 15 euros vous en choisissez un  qui vous tiendra compagnie pendant une heure, on vous donne une laisse, des mouchoirs en papier et des sacs en plastique (et oui, ici on ramasse réellement les déjections de son cher compagnon) et on vous prie de ne pas laisser gambader “votre” toutou n’importe où et de ne pas le gaver de friandises ! Si une heure vous semble trop juste, il est également possible de louer “rex” pour 24 heures contre la modique somme de 80 euros. Pour ce forfait vous avez droit à un bol d’eau, des granulés et la cage la niche pour faire dormir “rex” ! Elle est pas belle la vie ?

Ce soir Rex dort dans un pot de miel “winnie” !

La location de chiens fonctionnent tellement bien que l’on compte aujourd’hui plus de 120 magasins de ce type à Tokyo (contre 17 en 2001). Certaines personnes viennent louer un gentil cabot car elles souhaitent en acheter un mais désirent s’entraîner avant, d’autres viennent car leur compagnon (humain cette fois) ou leur parent n’en veut pas donc ils compensent de la sorte et d’autres ont recours à ce système uniquement pour l’apparat car avoir un chien est un signe extérieur de richesse.

L’amour des japonais pour leur chien s’exprime aussi par les traitements qu’ils leur dispensent. Une salle de gymnastique ou plutôt un club de remise en forme, un café-restaurant-toiletteur… Je n’en dis pas plus, je vous laisse profiter de ces merveilleuses vidéos :

http://www.monjtquotidien.com/video.330.un-club-de-gym-pour-chiens-a-tokyo-au-japon.php

http://www.dailymotion.com/video/xacj74_dog-cafe

Pour faire encore plus fort, les riches propriétaires peuvent emmener leurs “bébés” chez “Pet Salon Jannie’s” pour leur faire faire un massage ou prendre un bain de boue ! Les traitements vont de 10.000 yens (soit 80 euros) pour un petit chien, type caniche, jusqu’à 30.000 yens (240 euros) pour les gros chiens, comme les Saint-Bernard. Une mise en beauté complète pour un grand chien peut coûter jusqu’à 50.000 yens (400 euros) ! Oui mais attention à ce prix là, la boue est importée directement de la mer Morte ! Ils sont fous ces nippons ! Ils sont fous !

Comme en France la mode des vêtements pour chiens bat son plein. On trouve de magnifiques boutiques pleines de manteaux, de robes, de pantalons, que l’on peut aisément confondre avec un magasin de fringues pour enfants si l’on ne fait pas attention ! En revanche je ne sais pas si en France le “costume” de Maya l’abeille se vend bien ? Ici il fait fureur ! Les japonais n’ont décidément pas peur du ridicule.

Qui veut une tenue “dragon” pour son chienchien (la boutique n’est pas loin de chez nous) ?

Pour terminer ce portrait de la folie des nippons pour leurs chiens, je vous présente la poussette pour toutou. Tout à fait, une poussette. Parce que qui a dit qu’un chien était un animal et qu’en plus il devait marcher ? Non mais sans blague.

http://www.lepost.fr/article/2009/06/19/1585098_toutou-touyoutou-un-chien-japonais-tout-en-fitness.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hachikō
http://www.chiensderace.com/news/novel.php?ID=165

Publié par : mathbland | 2009/10/10

Fuji San

Non non, nous ne nous sommes pas découverts une nouvelle passion pour l’ascension des volcans. Seulement l’occasion fait le larron alors après les volcans d’Hokkaïdo, nous nous sommes attaqués au symbole de notre terre d’accueil, j’ai bien sûr nommé le Fujisan (富士山).

Le Mont Fuji se dresse au-dessus des lacs, des forêts et des villes à environ 150 km au sud ouest de Tokyo. Son sommet culminant à 3776 mètres en fait la plus haute montagne du Japon. L’ascension de ce volcan sacré se fait généralement au cours des mois de juillet et d’août. En effet à cette période les refuges présents tout au long du chemin sont ouverts et permettent ainsi de grimper dans la journée, de dormir au dernier refuge (le plus souvent) et de se lever 1h avant le levé du soleil pour terminer tranquillement l’ascension et profiter pleinement des premiers rayons de soleil. Mais voilà nous sommes français donc pas question de payer 50 euros par personne pour dormir sur des futons vieillis au milieu de ronfleurs japonais. Nous avons donc opté pour la grimpette d’une traite dans la nuit du 12 au 13 septembre. La saison étant terminée les refuges doivent être fermés (la suite nous prouvera que non) donc nous économisons une nuit en refuge et surtout le nombre de grimpeurs diminue considérablement ce qui évite les bouchons sur la dernière partie du chemin ! Quand on sait que des collègues du Lycée on fait l’ascension au mois de juillet et qu’ils ont mis 3h pour avaler les 400 derniers mètres on se dit que les pèlerinages c’est bien mais que c’est encore mieux lorsqu’il n’y a personne !

Trois heures de marche pour admirer ce magnifique levé de soleil (certes légèrement voilé)

L’événement qui nous a poussé à prévoir cette ascension est la rencontre de Jérémie et Céline, couple de français sympathique et désireux de gravir ce vénéré Mont Fuji. Après avoir choisi la date de notre “expédition”, nous regardons les bus et les trains desservant le départ de la rando (oui nous aurions certainement dû raisonner à l’inverse) mais voilà la saison officielle est terminée donc il n’y a plus qu’un bus par jour qui est très long et dont les horaires ne collent pas avec une marche de nuit, l’excitation fait place à la déception. C’est à ce moment que le génie de Mathieu s’exprime en émettant l’hypothèse de louer une voiture… espérerons que Jérémie accepte de conduire à l’aller et au retour car lui seul est en possession d’un permis de conduire international… il a dit oui, l’engouement reprend ses droits. Après avoir avalé une bonne assiette de spaghettis à la carbonara chez nos compagnons de route, nous partons de Tokyo vers 23h, empruntons les autoroutes en ville (un jeu vidéo grandeur nature) et arrivons au départ de la rando à 1h.

Voilà le sommet du Fujisan hors saison, quand il n’y a personne ^^

La montée débute à 2300 mètres d’altitude (des fous grands sportifs partent du pied de la montagne qui n’est qu’à 850 mètres d’altitude mais nous concernant nous avons fait la formule classique) donc cela nous fait 1476 mètres de dénivelé à gravir de nuit pour assister au lever du soleil depuis le sommet ; une frontale, un blouson, une thermos de café, des onigiris et le tour est joué ! Les guides disent qu’ils faut entre 5h et 8h de montée,  Michel (prof d’EPS)  m’a dit 3h… les premiers ont prédits le temps mis par Céline et Jérémie, le deuxième celui de Mathieu et moi. Près de 500 mètres de dénivelé à l’heure pour avoir le privilège de contempler le levé de soleil dans le vent et le froid, les gants et les bonnets n’auraient pas été de trop là-haut ! Le temps de boire notre café, de profiter des premiers rayons de soleil et de s’approcher du cratère et nous voilà repartis pour 2h de descente. Des lacets à n’en plus finir à marcher dans de la cendre volcanique en faisant attention à ne pas se laisser emporter par la pente… faudrait vraiment qu’ils installent des tyroliennes pour redescendre, ce serait quand même bien plus amusant.

Notre belle sortie terminée nous nous reposons en attendant Céline et Jérémie au chaud dans la voiture. C’est à cet instant que nous réalisons que nous aurions du louer une voiture plus grande car même très fatigués (voire épuisés après cette nuit blanche sportive) il nous est impossible de trouver une position correcte pour dormir…

Un célèbre dicton dit : le sage fera l’ascension du Mont Fuji une fois dans sa vie, mais seul le fou la fera deux fois”. Une fois n’est pas coutume, nous resterons donc sage ;-)

Comme dirait Mathieu (l’autre, le collègue) : “C’est quand on est sur le Mt Fuji qu’on le voit le moins bien.”

Publié par : mathbland | 2009/09/28

Sur la voie de la mer du nord -2

Seconde partie des aventures palpitantes de Blandine et Mathieu en Hokkaïdo.

Nous quittons la péninsule de Shiretoko pour nous rendre au parc national d’Akan (阿寒国立公園).

Quatrième étape : du souffre chez les Aïnous.
Le parc national d’
Akan situé à l’est de l’île est particulièrement représentatif des différentes richesses naturelles de cette contrée reculée. Il y a l’embarras du choix : des volcans sulfureux aux forêts luxuriantes en passant par un lac à la clarté légendaire (mieux que le lac Baïkal paraît-il). Pour vérifier ce dernier point en qualité d’observateurs critiques, nous nous dirigeons tout d’abord vers le lac Mashu (摩周湖), espérant y sonder cette prétendue transparence cristalline. Malgrès le côté touristique de l’expédition – petit bus idoine avec guide/commentateur nippon intégré – à l’arrivée sur la crête de la caldéra, la vue sur les eaux limpides du lac est stupéfiante.



Malheureusement, l’admiration seule est permise ici (et d’un seul point de vue), pas de ballade autour du lac ou de nage avec les saumons et autres truites arc-en-ciels. En tout cas, l’extraordinaire transparence est avérée. Il nous reste maintenant à aller en Sibérie pour vérifier l’hypothèse sus-citée, mais ceci est (sera?) une autre histoire… ;-)



Après cette vadrouille aqua-volcanique, nous rejoignons le village d’Akankohan qui s’étend sur les rives du lac Akan (阿寒湖) au pied du mont Meakan (雌阿寒岳) – oui je sais ça fait beaucoup de “akan” – L’attrait particulier dont jouit cette petite bourgade sympathique ne réside pas seulement dans la triplette classique “volcan-lac-forêt”, mais aussi dans la célébrité universelle de la marimo (毬藻). En effet la présence de cette étrange algue globuleuse dans le lac Akan donne lieu à un pélerinage incessant, d’autant plus important depuis que l’algue en boule a été décrétée “trésor national” par les hautes sphères (lol) japonaises… Plus sérieusement, le village fait la part belle au tourisme de masse à la culture aïnou avec notamment un quartier (ghetto?) qui leur est consacré (où ils sont reclus?)… Bref, il est temps de se reposer car le lendemain nous grimpons sur le volcan voisin.
Le Mt Meakan est en effet un volcan (un stratovolcan, pour les puristes) en activité. Sa dernière éruption date de mars 2006, mais bien sûr ce n’est pas le genre de détail qui nous impressionne hahaha ! Nous entreprenons la randonnée au départ du village dans le brouillard. L’ascension est plutôt aisée, à mesure que la forêt disparaît les émanations de souffre se font plus présentes, le brouillard est toujours là. Arrivés au sommet nous mettons à contribution nos deux esprits à l’imagination débordante pour profiter de
cette vue imprenable sur le cratère et sur la région d’Akan (oui parce que le brouillard est encore là).


“Je vois pas à 10 mètres mais je suis contente d’être arrivée !”

Au moment de redescendre, le vent finit par chasser ces fichus nuages, nous pouvons nous faire une idée du paysage lunaire dans lequel nous nous trouvons.



Le retour se fait sans encombre mais nous sommes contents de retourner au camping pour se relaxer à “l’onsen pour pieds” cad une installation prévue pour faire trempette juste avec les pieds, alimentée par l’eau chaude naturelle du coin.
Le lendemain rebelote, cette fois sur le
Mt Oakan (雄阿寒岳). Selon la culture aïnou, le Mt Oakan est la montagne mâle et donc la montagne femelle est le Mt Meakan. Tout ça pour dire que cette deuxième ascension plus brève se passe sous un ciel radieux… vous en tirerez les conclusions que vous voudrez !


Vue sur le lac Panketo depuis le Mt “Monsieur” Oakan.

Retour au village, où nous nous délectons une dernière fois de ワイトラメン (“white ramen” = ramen délicieux au lait) dans un bouiboui aïnou avant de reprendre la route pour l’ultime étape de notre voyage.

Escale fumeuse
Avant de rejoindre Hakodate mais aussi pour couper le long trajet depuis Akan, nous faisons escale à Noboribetsu (登別), station thermale (cad volcan, eau chaude et tout le toin toin, comme d’hab’) plutôt (très) touristique et peu charmante en comparaison à ce que nous venons de vivre la semaine passée. La visite sera donc aussi brève que fumeuse (foireuse?) car accompagnée d’un temps exécrable mêlant pluie et brouillard aux vapeurs sulfureuses…


“Serez-vous faire la différence entre fumerolles et brouillard ?”


Ultime étape : Hakodate (函館)
Notre voyage se termine par un w-e à Hakodate, troisième ville de Hokkaïdo. Nous avons la chance d’être très généreusement accueillis par la famille de Lisa (qui est la femme de Mathieu, collègue du labo, pour ceux qui ne suivent pas). Hakodate fut l’une des premières villes portuaires à s’ouvrir au monde occidental au XIXe siècle sous la pression américaine. A ce titre on retrouve encore aujourd’hui beaucoup de bâtiments à l’architecture empreintes d’influences occidentales. Le monument emblématique de la ville est d’ailleurs le fort Goryokaku (五稜郭), fort en étoile directement inspiré des travaux de Vauban.


Vue aérienne du fort et du parc Goryokaku, au coeur d’Hakodate.

Ces derniers jours passés sur l’île du nord se terminent en apothéose par une dégustation des succulents sushis de Hakodate que la décence me garde de décrire ici :-)


Publié par : mathbland | 2009/09/12

Sur la voie de la mer du nord -1

Cet été pour nos premières vacances depuis notre arrivée, nous nous sommes rendus en Hokkaïdo (北海道, la voie de la mer du nord), l’île la plus septentrionale du Japon.

Pour justifier ce choix de destination, faisons un tour sur le site web de l’office du tourisme. Sur la page climat, on peut lire : “In Hokkaido, it is cool and has low humidity”. Pas besoin de traduire. Pour n’importe quel être humain normalement constitué se trouvant à Tokyo en été,  la seule évocation des mots “frais” et “sec” suffit à déclencher un achat compulsif et immédiat d’un billet d’avion pour Sapporo (札幌).

Première étape de notre périple : Sapporo, la capitale de l’île dont le nom signifierait “grande rivière coulant à travers la plaine” en aïnu - petit rappel historico-culturel : le peuple Aïnou de Hokkaïdo fut au Japon ce que les amérindiens furent aux Etats-Unis d’Amérique… -

Un matsuri au parc Odori – en fond, la fameuse tour relais-tv qui éclaire et donne l’heure en bonus.

Première sensation : quel bonheur de remettre une veste pour sortir ! Nous passons la soirée à visiter le centre-ville, juste le temps nécessaire pour se mettre en appétit. Au détour d’un grand building dans une ruelle étroite, nous entrons alors dans un minuscule restaurant d’où s’échappe un fumet appétissant. C’est ici que nous dégusterons une spécialité culinaire de l’île : le “Genghis Khan” (ジンギスカン), délicieuse “pierrade” de mouton accompagné de divers légumes. Le nom viendrait de la forme du poêlon servant à cuire la viande et les légumes, rappelant le casque de l’empereur mongol.

Deuxième étape : rendez-vous raté avec le mont Asahi.
Le lendemain, le mouton est digéré et nous nous rendons à
Asahikawa (旭川, la rivière du soleil levant), deuxième ville de l’île. De là, un bus “privé” (en fait un bus d’une cinquantaine de places avec pour seuls passagers… nous) nous mènera au pied du mont Asahi (旭岳), la plus haute montagne en Hokkaïdo (2290m).
Arrivés au village de
Asahidake Onsen (旭岳温泉), nous débutons l’ascension avec dans l’intention de randonner pendant deux jours en passant par la fameuse montagne…

Le mont du Soleil Levant a la tête dans les nuages.

… mais c’était sans compter sur la météo capricieuse qui tourna définitivement à notre désavantage, nous contraignant à faire demi-tour en fin d’après-midi.

Météo merdique 1, randonneurs super préparés 0.

Troisième étape : voyage au bout du monde.
Après ce premier échec cuisant, nous continuons notre périple vers notre deuxième destination randonnesque : la péninsule de
Shiretoko (知床, l’extrémité de la terre en aïnou). Cette pointe de paradis terrestre, pour randonneurs s’entend, fait partie depuis 2005 du patrimoine mondial de l’Unesco.
Ici nous avions également prévu une marche de deux jours, à l’assaut des cinq pics de la péninsule. Cependant avant le départ nous étions informés du fait que le chemin était temporairement fermé juste avant la fin du circuit, pour cause de chute de pierres. Ne voulant pas regretter de ne pas avoir tenté notre chance, nous partons quand même !

“Cette fois la météo est correcte ce n’est pas un petit éboulis qui va nous arrêter, non mais !”

Nous commençons la “ballade” en partant de la source thermale Iwaobetsu Onsen (岩尾別温泉). A l’entrée du chemin il convient de signer le registre de randonnée pour signaler notre présence… mais également de sortir sa clochette de combat anti-ours pour signaler notre présence cette fois aux plantigrades autochtones. En effet une attaque d’ours est vite arrivée, surtout si on marche par mégarde sur la tête de bébé ours.

Trois heures d’ascension à travers fôret, névés et rochers nous conduisent au sommet du mont Rausu (羅臼岳) – 1665m. D’ici la vue est imprenable : la péninsule s’étend sous nos yeux comme fendant l’océan, laissant la mer Okhotsk d’un côté et les îles russes de l’autre. Le spectacle récompense largement l’effort de la marche…

Pourquoi faire compliqué (prendre le chemin qui contourne le névé) quand on peu faire simple (couper tout droit dans la neige).


A quelques centaines de mètres en contrebas du sommet se trouve un campement (cad que le chemin s’élargit sur une dizaines de mètres, suffisamment pour poser sa tente). Nous croisons des randonneurs faisant une pause déjeuner avant de redescendre. L’un d’entre eux, un ornithologue qui étudie les… euh, bon on va dire “des oiseaux” parce que notre japonais rudimentaire ne nous a pas permis d’en savoir plus. Déjà on a compris qu’il étudiait les oiseaux, c’est pas mal non ? :-)
Bref, nous demandons donc à ce sympathique scientifique son avis sur le “chemin fermé” en fin de parcours. Il nous fait bien comprendre qu’il n’y a pas moyen, c’est fermé point.

Nous passons la nuit (qui s’avérera trèèèès fraîche) au campement et redescendons sur la côte le lendemain.

Chemin de rando foireux 1, randonneurs téméraires mais pas trop 0

En guise d’occupation de remplacement du second jour de rando, nous nous adonnons aux magnifiques visites touristiques de cette contrée sauvage : les chutes d’eau (chaudes, s’il vous plaît) de Kamuiwaka (カムイワッカ湯の滝) ainsi que les cinq lacs Shiretoko goko (知床五湖). De ces derniers on peut admirer, par temps clair, les cinq montagnes (que l’on aurait du franchir, arf) de la péninsule.


“Vue d’en bas” à comparer avec la “vue d’en haut” (photo du névé en plongée). A droite, le mont Rausu.

La suite du voyage dans le prochain billet…

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