Notre dernier week-end passé en-dehors de la capitale nippone fut dans la région de Sendaï 仙台, ville d’1 million d’habitants située à 350km au nord de Tokyo. Avant de partir au fin fond de la forêt à l’ouest de la ville, nous nous dirigeons à l’est, sur la côte du Pacifique pour découvrir le site de Matsushima.
Ce lieu composé d’environ 260 îlots couverts de pins maritimes est considéré comme étant l’une des trois plus belles vues du Japon. La légende raconte que lorsque le poète Basho découvrit le site, les mots lui ont manqué pour exprimer tant de beauté et un haïku 俳句 est resté célèbre : “Ah ! Matsushima, Matsushima, ah !, Ah! Matsushima”. Plus facile à retenir que nos poésies n’est-ce pas ? Bon, il est temps de commencer la visite car certaines îles reliées à la côte par un pont renferment des temples et d’autres surprises.
Nous commençons par l’île Godaïdo. Le temple fondé en 807 a été reconstruit en 1604 par Date Masamune et l’intérieur n’est visible qu’une fois tous les 33 ans ! Ai-je besoin de préciser que nous ne sommes pas tombés ce jour-là ? Pour accéder à cette île, il faut franchir un pont à claires-voies c’est à dire un pont dont les planches sont espacées. Cela permet de voir l’eau sous nos pieds mais cela a surtout pour but de favoriser le recueillement du pélerin en augmentant sa force de concentration. Si celui-ci trébuche c’est qu’il n’est pas encore prêt pour arriver jusqu’à l’ïle.
Nous poursuivons par la plus grande des îles : Fukuurajima. Le pont qui relie l’île à la côte fait 252 mètres et nous amène à l’entrée d’un sentier qui permet d’admirer 300 variétés d’arbres et de plantes au cours de la promenade.
Après déjeuner, nous prenons de la hauteur en rejoignant le sommet de la colline Shintomiyama pour admirer la vue avant de visiter le quartier des temples bouddhiques.
Le Zuigan-ji d’abord, édifié en 828 et reconstruit en 1609 par Data Masamune est le plus célèbre temple zen du Tohoku. Le bâtiment principal était en travaux malheureusement mais en contre-partie, le Yôtokuin, le mausolée de la femme de Masamune était exceptionnellement ouvert. Ce mausolée aux murs laqués de noir et à la porte d’or est vraiment superbe.
Nous déambullons ensuite dans les jardins du Entsûin, le mausolée de Date Mitsumune, petit-fils de Masamune. Le jardin de pierres situé juste après avoir franchi la porte d’entrée du temple, représenterait la baie de Matsushima. Pourquoi pas ? Toujours est-il que décidemment les jardins secs, nous, ça nous plait ! Le reste du jardin est tout aussi agréable avec ses bambous, ses érables et sa roseraie.
Après cet intermède culturel, nous partons à la recherche d’un point de vue réputé nommé Ôgitani qui est censé offrir un panorama-éventail sur l’horizon. Une grosse demi-heure de marche le long d’une nationale (derrière une barrière de sécurité quand même!) et une traversée périlleuse de la voie pour cette vue !
Au retour nous faisons une pause photo à un second point de vue, le Sôkansan, avant de redescendre complètement au bord de l’océan et de découvrir l’île d’Oshima. Cette minuscule île est parsemée de figures bouddhiques sculptées à même la roche, de stèles où sont gravés des poèmes de Basho et de Sora et la stèle de Raïken (un moine qui a choisi cette île pour faire ses exercices d’ascèse et qui y est volontairement resté cloîtré pendant 22 ans… je ne sais que penser de tout ça ? Et vous ?).
Cette journée nous a bien fatiguée mais ce lieu est réellement magnifique et vaut le déplacement ! L’atmosphère qui règne ici est reposante et décontractée, tout ce dont nous avions besoin. Nous reprenons le train pour Sendaï où un bon resto et une bonne nuit nous sont promis et nécessaires pour être d’attaque le lendemain pour une journée dans les bois…

