Une excursion automnale dans le Japon ancestral le temps d’un long week-end du mois de septembre…
Départ samedi matin, un bus nous attend aux abords de la tentaculaire gare de Shinjuku pour un voyage de 5 heures et des bananes, plein ouest, direction Hida-Takayama.
Hida-Takayama (飛騨高山) ou plus simplement Takayama, est une ville des alpes japonaises située dans la préfecture du Gifu (岐阜) au centre de Honshu (本州). C’est une cité très ancienne datant de la période Jomon (縄文時代) – la préhistoire japonaise (-14000 à -400 av. J.-C.). Elle est réputée pour son travail du bois et ses fameux charpentiers. Ceci étant dit après des siècles (des millénaires?) d’histoire et d’évolution Takayama apparaît aujourd’hui comme une ville moderne sans grand charme, d’une population d’environ 100000 habitants (un “village” pour la norme japonaise^^).
Notre première impression est, comme vous pouvez l’imaginer, mitigée. Nous passons tout de même l’après-midi à visiter le “centre historique” et ses quelques ruelles piétonnes bordées d’anciennes habitations boisées de fort belle facture. En fin de visite nous apercevons une échoppe de soba (そば) où le chef s’affaire à la préparation des fines lamelles de pâtes de sarrasin.
Il n’en faut pas plus pour nous mettre l’eau à la bouche. Mais notre choix, finalement, ne s’arrête pas sur de simples bien qu’appétissantes sobas mais sur LA spécialité locale : le boeuf de Hida (Takayama-gyû, 高山牛). En effet ce boeuf est réputé être l’un des meilleurs du Japon avec celui du Kansai (= boeuf de Kobe pour les touristes puristes) notamment.
Après un dîner délicieux et copieux suivi d’une nuit confortable dans une auberge pour “voyageurs en sac-à-dos”, nous quittons la “haute-montagne” (Takayama) pour aller visiter “le village de la rivière blanche” (Shirakawa-go – 白川郷).
Perdu dans les montagnes, seulement accessible par la route (détails qui a son importance au pays du chemin de fer), le village médiéval de Shirakawa-go témoigne du style de vie traditionnel de la région. Ce patelin est célèbre pour le type architectural particulier de ses maisons : les gassho-zukuri (合掌造り). Ces immenses demeures à toit de chaume abritaient à l’époque plusieurs familles, les étages supérieurs étaient eux consacrés à l’élevage du ver à soie. Aujourd’hui beaucoup de maisons ont été converties en musée, échoppe ou autre auberge… et oui il faut bien faire rentrer les yens pour préserver ce bijou du patrimoine mondial de l’humanité.
Nous traversons le village paisiblement profitant du soleil généreux, et visitons quelques maisons-musée pour enfin nous rendre au “point de vue” surplombant la vallée.
Retour au point de départ, le temps de déguster une glace à la châtaigne et le bus pour Takayama arrive. Le soir, pour notre deuxième dîner du week-end (oui je parle que de bouffe et alors ?) dans le but de confirmer que le boeuf local est vraiment savoureux, nous essayons une nouvelle adresse… pour un résultat qui s’avérera identique, miam !
Nous passons la nuit dans un lieu peu commun : un temple bouddhiste. Bouddha est un hôte fort accueillant bien que sa demeure soit plutôt spartiate.
Boeuf, légumes variés, tofu, et pâte de haricot rouge fermentée, le tout placé sur une feuille de magnolia séchée et cuit façon “pierrade”
Le lendemain nous nous rendons à pied au village traditionnel de Hida (Hida Minzokumura – 飛騨民俗村) à quelques kilomètres de Takayama, qui est en fait un village reconstitué présentant les différents habitats historiques de la région. Bien qu’intéressant à visiter comme un musée à ciel ouvert, cela reste nettement moins charmant que les foyers authentiques de Shirakawa-go.
“Je crois qu’il y a un tout petit peu de mousse sur ton toit.”
Ce week-end dépaysant en rupture avec la vie Tokyoïte se termine par un voyage de retour en bus lui aussi plein de ruptures, et de bouchons.

