Dernière journée dans l’ancienne capitale, il nous reste beaucoup de choses à voir alors on ne perd pas de temps et l’on commence par la visite du Kiyomizu-dera (temple de l’eau pure).
Ce temple construit en 798 est dédié à la déesse Kannon aux onze têtes. Il est bâtit sur 139 pilotis sur le versant d’une colline boisée et offre une magnifique vue de la ville. “Se jeter du Kiyomizu” est une expression japonaise qui est l’équivalent de notre “se jeter à l’eau” et ce dicton prend tout son sens lorsque l’on s’approche de la balustrade. De même, la légende dit que si une personne survit à un saut depuis la terrasse alors tous ses voeux seront exaucés. Je veux bien le croire mais vu la hauteur de la chute, je ne suis pas certaine qu’il y ait déjà eu des rescapés ! Mathieu et moi avons choisi la sécurité et donc le chemin pour rejoindre la source sacrée et nous purifier. Je ne sais pas si nos corps et nos esprits sont ressortis purs de cette promenade mais ce qui est sûr c’est que ce lieu est splendide, surtout au petit matin quand la majeure partie des touristes dort encore !
Mathieu étant du style “j’aime visiter des temples mais point trop n’en faut”, nous sommes partis nous promener en forêt. Dommage me direz-vous avec tout ce qu’il y a à voir à Kyoto ! Certes mais dans ce bois il y a le sanctuaire shinto consacré à Inari (déesse de la Prospérité et du Riz) le plus populaire du Japon ! Ce lieu fondé au 8ème siècle tient son originalité de ses milliers de torii rouges qui encadrent le sentier grimpant la colline sur une distance de près de 4 km ! Cette succession de torii forme des tunnels sacrés et l’atmosphère qui règne en ces lieux est mystique, un site idéal pour un film qui jouerait avec nos nerfs.
De retour au pied de la colline, nous reprenons le bus pour rejoindre la ville et le temple d’argent. En hommage à son grand-père qui avait construit le pavillon d’Or, Yoshimasa voulait faire couvrir son temple d’argent, mais ruiné par la guerre d’Onin, il ne put jamais réaliser son projet. Comme quoi déjà à l’époque c’était mieux avant ! Le Ginkaku-ji n’a donc d’argent que son nom, mais son jardin est superbe. La première partie, le jardin sec est formé de deux cônes de sable blanc représentant les montagnes dressées sur la mer. Vient ensuite le jardin humide avec la mousse, les pins et les rochers. Ce temple modeste au coeur d’un environnement fabuleux illustre bien les concepts japonais du wabi-sabi : la beauté sereine et mélancolique des choses imparfaites et dépouillées.
Nous reprenons le bus en direction du Sanjusangen-do mais après 1h passée dans des bouchons nous n’avons plus le choix, il faut se rendre directement à la gare si l’on ne veut pas rater le shinkansen. Oui mais voilà le bus n’avance pas d’un pouce ! Trente minutes de plus et nous arrivons à la gare, le temps d’une course toute en slalom (oui pour éviter de percuter les gens) pour récupérer la valise et rejoindre le quai. Ces trois jours marathon se terminent donc par un sprint puis par un repos bien mérité dans le train. C’est sûr nous retournerons à Kyoto et cette fois nous commencerons notre périple par le Sanjusangen-do !





