Profitant des jours fériés d’Obon (l’équivalent de notre Toussaint) mi-août, nous avons découvert une infime partie de Shikoku, l’une des quatre îles principales du Japon. Nous sommes ainsi partis 3 jours pour la préfecture de Kagawa et avons rayonné autour de sa capitale Takamatsu.
Arrivés à Takamatsu (pins élevés), nous nous orientons directement vers le parc Ritsurin. Ce jardin typique de la période Edo est considéré comme étant l’un des plus beaux de l’archipel nippon. Il faut dire qu’avec ses treize montagnes miniatures qui se répandent entre lacs artificiels et vallonements, le tout au coeur d’arbres magnifiquement taillés et agrémentés de ponts vermillons, ce parc est réellement une beauté. De style kaïyu, ce qui signifie “promenade circulaire autour d’une pièce d’eau centrale”, ce lieu qui s’étend sur 75 ha et qui a nécessité un siècle de travaux (de 1625 à 1745) offre une ballade reposante et ressourçante.
L’autre site agréable de Takamatsu est le château Tamamo. Le bâtiment construit à la fin du 16ème siècle est de style Azuchi-Momoyama, c’est à dire bâti en bois, pierre et plâtre. Erigé face à la mer intérieure du Japon, ses digues sont alimentées en eau de mer. Victime successivement de l’agrandissement de la ville durant l’ère Meiji et de la seconde Guerre Mondiale, seules deux tourelles sur les vingt d’origine sont toujours debout.
Comme toute demeure royale qui se respecte, le château de Tamamo a un parc composé de différents jardins. L’on passe ainsi d’un jardin sec avec ses grosses pierres et ses lanternes, à un jardin de cerisiers puis à un jardin de pins. Le tout encerclant une demeure seigneuriale devenue bureau gouvernemental où l’on peut se reposer en buvant une tasse de thé vert.
Comme en France, chaque région au Japon a ses spécialités culinaires. Il n’est donc pas question de visiter un coin sans goûter aux mets locaux, mets qui à Takamatsu sont les sanuki udon. Ces nouilles de blé épaisses portent le nom de sanuki qui est en fait l’ancien nom de la préfecture de Kagawa et se consomment chaudes (kama-age ou kake udon) ou froides (zaru udon). Un plat simple mais très bon comme toujours !
Le lendemain nous partons pour la ville de Kotohira située à 35km au sud-ouest de Takamatsu. Cette bourgade renferme l’un des principaux sites de pélerinage shintoïstes du Japon. Ce sanctuaire dédié aux marins et aux pêcheurs est communément appellé Konpira-san et attire chaque année quelques 4 millions de visiteurs ! 785 marches à gravir pour atteindre le sanctuaire principal (Kompira-gu) où la plupart des pélerins s’arrêtent, nous décidons d’aller au bout du chemin et de voir ce qui se cache en haut des 583 marches restantes. C’est donc 1368 marches qu’il nous a fallut gravir sous une chaleur de plomb pour atteindre le sommet du mont Zozu et le petit temple déserté d’Oku-sha. Après une courte pause nous redescendons toutes ces marches pour déguster une fois de plus des udons.
Le pélerinage complet consiste à marcher sur les traces du moine Kukai (fondateur de l’école bouddhique du Shingon) c’est à dire à visiter les 88 temples shinto de l’île de Shikoku pour se laver des 88 désirs impurs définis par la doctrine bouddhiste. Nous nous sommes lavés d’un désir impur, c’est déjà ça ! En même temps sommes-nos bouddhistes ???
Avant de partir nous visitons le plus vieux théâtre kabuki du Japon. Construit en 1835, nous déambullons dans les coulisses, nous découvrons les secrets des dessous de la scène avant de nous installer au premier balcon pour nous imprégner de l’atmosphère particulière des lieux. C’est beau, c’est calme et c’est gratuit !

